EXPOSITION “MERVEILLEUX MOYEN ÂGE, L’ABBAYE DE L’ILE-BARBE, UN VOYAGE AUX PORTES DE LYON"
Musée d’Histoire de Lyon – Gadagne, du 17 octobre 2025 au 1er novembre 2026
INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition "Merveilleux Moyen Âge, L’abbaye de l’Île Barbe, Un voyage aux portes de Lyon"
Du 17 octobre 2025 au 1er novembre 2026
MHL - Gadagne
1 place du Petit Collège, 69005 Lyon
Découvrez le Moyen Âge lyonnais en suivant l’histoire de l’abbaye de l’Île-Barbe et les plus belles pièces de la collection sculptée médiévale du MHL, enrichies par trois précieux textiles prêtés par le musée des Tissus et des Arts décoratifs, présentées en rotation dans la section consacrée "à la croisée des influences".
L’EXPOSITION
L'exposition démêle la réalité historique des récits légendaires qui ont façonné la réputation de l’Île-Barbe. Elle explore le cadre de pensée de l'époque, relie la vie monastique à l’évolution de la ville et interpelle sur les racines de l’engouement actuel pour le Moyen Âge, ses réécritures et ses représentations. Un voyage dans le temps, des débuts de l’époque médiévale à ses réinterprétations au XIXe siècle et jusqu’à la pop culture contemporaine.
LES ŒUVRES PRÊTÉES
Entre le 19 janvier et le 1er novembre 2026, les oeuvres textiles prêtées seront présentées successivement dans la partie "Un foyer artistique à la croisée d'influences" illustrant la diversité des courants qui ont façonné l’art roman lyonnais.
Un dialogue croisé s’y dévoile, entre l'héritage antique et l’ouverture vers l'Orient, les sculpteurs romans puisent leur inspiration dans de nombreuses sources et objets d'art somptuaires, notamment les tissus, l’un des supports privilégiés de la circulation de motifs iconographiques.
SOIERIE AU COQ – exposée jusqu’au 20 avril 2026
Ce fragment de soierie, originaire de Sogdiane (Ouzbékistan actuel) au VIIIᵉ siècle, illustre les influences artistiques, la circulation et transmission des motifs de l’Antiquité grecque à l’Empire sassanide.
Le décor se compose de quatre feuilles et de médaillons à l'intérieur desquels s'inscrivent deux types de motifs : une palmette inspirée de celle de l'antique grecque, ornée de cœurs et de perles ainsi qu'un coq "sassanide" hiératique dont la queue est formée de longues plumes recourbées. Les variations observées entre les becs des oiseaux, certains fermé, d’autres ouvert, révèlent une technique, où les lacs (fils de trame colorés) étaient sélectionnés et ajustés au fur et à mesure du tissage.
Fragments de parements du manteau d’un « officier » exposés jusqu’au 20 juin 2026
Découverts par Albert Gayet à Antinoé (Égypte) dans une tombe d’époque romaine et datés du VIᵉ siècle, ces trois fragments de soierie sont les vestiges d’un manteau d’officier romain ou byzantin.
Leur décor, se détache sur un fond bleu indigo et alterne des registres horizontaux ornés de têtes de griffons aux ailes déployées et de paons parés de colliers médaillés, adossés sur des motifs semi-circulaires.
Bien que les fils de soie aux diverses teintes aient produit ce décor coloré, certaines parties ont été complétées au pinceau. Les têtes des griffons sont reprises à la peinture blanche, posée sur une préparation rouge, tandis que leur support est rehaussé d’une couche jaune assez épaisse contenant de la cire. Ce procédé inhabituel, a été identifié seulement sur cette étoffe, témoignant de sa valeur inestimable.
Fragments à décor de canards exposé jusqu’au 1er novembre 2026
Cette soierie byzantine à décor de canards et d’étoiles a posé bien des questions aux historiens !
Provenant du trésor de la cathédrale de Sens, elle a été acquise par le musée en 1904 auprès du chanoine Chartraire à Autun. Ce samit de soie est exécuté au métier à la tire et présente un décor en registre verticaux avec trois motifs : griffons et canards affrontés, séparés par une palmette à double volute et une étoile à huit branches irrégulières.
Son origine a été attribuée à différents lieux et époques (Égypte, Byzance, Sicile, du Ve au XIVe siècle), tandis que son vocabulaire artistique provient de la Perse Sassanide. L’hypothèse la plus probable, au vu de sa technique, est une production d’un atelier byzantin, vers le XIIe siècle. Cette mystérieuse étoffe serait arrivée en Europe dans le contexte des croisades et plus largement par la circulation des objets précieux entre l’Orient et l’Occident.