Thank Gown it’s Friday ! Souriez, c'est vendredi.

Thank Gown it’s Friday ! Souriez, c'est vendredi.

Elles sont 5, Eva, Maëla, Jolie, Fernanda, Alix, étudiantes en master 1 «  Mode et Communication », au sein de l‘université de la mode, filière de l’université Lumière Lyon 2, et tous les vendredis viennent secouer les collections du musée !

Elles sont 5, comme les doigts de la main. À ce groupe, elles apportent un atout majeur : 3 provenances géographiques (France, Mexique, Liban), et 4 langues écrites et parlées (français, anglais, espagnol et arabe). Chapeau, on lève le pouce d’enthousiasme !

Dans le cadre d’un travail de groupe, en lien avec le musée de Tissus, elles animent le compte Thank Gown it’s Friday sur Insta et TikTok (@thankgownitsfriday) qui, tous les vendredis - le 5ème jour de la semaine -, offre un regard décalé sur nos collections.


Du musée, fermé aujourd’hui pour travaux, elles louent la richesse de ses collections et sa capacité à faire le lien entre savoir-faire historique et tendances actuelles : tissus d’ameublement, d’habillement, costumes, arts décoratifs, arts graphiques, et surtout plusieurs siècles de production, témoignages d’une histoire mondiale mais aussi d’une histoire lyonnaise. Une grande diversité qui, sans aucun doute, donnerait quelques envies à «  Emily in Paris » de vivre «  in Lyon » pour respirer l’air créatif de la ville.

Elles sont 5 donc, comme les sens ! Ça tombe bien, car nul n’ignore combien les tissus ont à voir avec les sens. Ce n’est pas qu’affaire de goût ! L’une nous émeut en nous rappelant le plaisir éprouvé au contact du velours, comme une caresse, et son admiration pour ses reflets changeants. Une autre évoque sa fascination pour le taffetas et sa «  musique » si particulière. Une troisième nous parle du cachemire pour sa douceur au contact de la peau, il est aussi question du Denim, tissu magique et adaptable, de la moire, ondulante et chatoyante. Aujourd’hui, elles revisitent les œuvres du musée, nous nous laissons guider sans réserve. Give me five !

Suivons donc le compte TGIF, car chaque semaine réserve sa surprise et souhaitons leur bonne route pour leur bac + 5, prochaine étape de leur parcours.

Décors et Âmes

DÉCORS ET ÂMES

Le musée des Tissus est plus qu’un musée, c’est un lieu de vie, d’inspiration et d’étude. En 2021, Conceptuwall, éditeur de décor mural implanté dans le quartier d’Ainay a sollicité le musée des Tissus et puisé son inspiration parmi des œuvres majeures de notre collection textile pour développer sa nouvelle gamme.

Les fondateurs de Conceptuwall
© Conceptuwall

Dialoguer avec des œuvres pour faire parler les murs…

C’est ce qui anime Patrick et Laurence Chavanne, les deux fondateurs de Conceptuwall, créateur de décors muraux panoramiques. Depuis 2006, Conceptuwall remet au goût du jour, grâce à l’impression numérique, un savoir-faire hérité des manufactures du XIXe telles que Zuber et Dufour.

« Avec cette technique d’impression, explique Patrick, on fait du sur mesure sans stock, nul besoin d’imprimer en quantité. Le panoramique est au service d’un espace, s’adapte au projet, à la demande du client, sans perte ».

Aujourd’hui, Conceptuwall enrichit ses collections grâce à une collaboration inédite avec le musée des Tissus. Cette dernière s’est imposée comme une évidence. D’abord parce que le musée est voisin de l’atelier installé à quelques rues de l’établissement, dans le 2ème arrondissement de Lyon, ensuite parce qu’un foisonnant patrimoine d’œuvres textiles et graphiques y repose.

Marie-Antoinette
© Conceptuwall

Pour que vive le patrimoine du musée à travers le temps

Des œuvres découvertes à l’occasion de visites au musée, riches de couleurs qui éveillent l’œil, de motifs qui interpellent et que le temps laisse infuser jusqu’à la naissance d’un projet : revisiter des pièces majeures du musée, les comprendre et finalement, les réinterpréter pour que perdure ce patrimoine à travers le temps.

« Le temps justement, nous explique Laurence qui retravaille les dessins, est une ressource importante, un allié de la création. Il faut d’abord savoir les choisir, percevoir comment ces œuvres peuvent s’adapter à un mur, tenir compte de la lumière, des meubles qui occupent l’espace... En investissant une surface verticale, l’œuvre doit devenir accessible, contemporaine, passer du statut d’œuvre d’art à celui d’œuvre décorative, créatrice d’ambiance. C’est pourquoi le choix des dessins est long, qui plus est dans un musée doté d’une collection exceptionnelle. On peut passer des heures dans ce musée.

Marie-Amélie
© Conceptuwall

Réinterpréter les œuvres

Il faut ensuite se laisser habiter par l’esprit de l’œuvre retenue. A partir d’un dessin figé sur du tissu, le temps et l’imagination laissent place à une œuvre nouvelle, réinventée : Comment je vais le redessiner pour me l’approprier, comment je décompose les motifs, les couleurs, comment je lisse les traits pour faire des aplats de couleurs… toutes ces questions doivent trouver réponse au bout du stylet. Chaque élément, fleur, papillon, plume… est isolé pour recomposer une œuvre et imaginer son propre bouquet.

Conceptuwall ne reproduit pas mais réinterprète, c’est là tout le supplément d’âme apporté par les fondateurs. Leur sensibilité et une certaine «  poétique des lieux », se dégagent de leurs décors.

Brocatelle
© Conceptuwall

Le présent revisite le passé

« Agir sur les murs, avec cette dimension panoramique, c’est modifier, bouleverser un espace, et pour cela, assumer une certaine d’audace. Le choix des couleurs est une étape difficile et fondamentale dans le processus de création, il faut projeter l’œuvre dans la modernité, tout en gardant l’esprit classique avec des tons lumineux et pétillants » complètent-ils.

Avec cette collection, Conceptuwall fait le lien entre l’esprit artisanal du XIXe siècle et les techniques contemporaines. Dans ce dialogue entre passé et présent, entre patrimoine et modernité, les chefs d’œuvres historiques demeurent intensément vivants en se réinventant.

© Conceptuwall

Et demain…

Demain, Laurence aimerait pouvoir travailler à partir d’un projet de tenture, peinture à la gouache sur papier, réalisée par l’un des grands dessinateurs de la Fabrique lyonnaise, Jean-Francois Bony (1754 – 1825), preuve que la flamme de la Grande Fabrique lyonnaise continue d’éclairer les âmes créatrices. Elle aimerait également pouvoir conserver ce bien précieux qu’est le temps, indispensable ressource pour que demeure la qualité des savoir-faire artisanaux.

Enfin, Conceptuwall espère mener des collaborations avec d’autres grands musées pour réenchanter l’espace et transmettre des chefs d’œuvres imaginés par les grands artistes des XVIIIe et XIXe siècles.

Si les murs ont des oreilles, qu’ils nous écoutent et fassent passer le message !

DES ÉTOILES DANS LES YEUX

DES ÉTOILES DANS LES YEUX

Avec son projet «  Dance in Lyon », il magnifie des lieux emblématiques de la ville de Lyon avec des danseurs et danseuses professionnelles. Le photographe Yanis Ourabah est venu porter un œil enchanteur sur le musée des Tissus. Lumière sur cette rencontre…

© Yanis Ourabah
© Yanis Ourabah

« Ma démarche est multiple : faire sortir la danse des studios, faire découvrir cet art au plus grand nombre, mettre de la légèreté dans nos environnements urbains et bétonnés, et montrer notre patrimoine lyonnais sous un angle différent.

Je n’étais encore jamais allé au musée des Tissus ! Pourtant je suis Lyonnais, et je suis passé devant des centaines de fois ! Je n'avais aperçu que la façade principale mais j'ignorais tout de l'intérieur. Je me suis toujours imaginé un lieu sombre et austère, rempli de poussières et de vieilles robes...mais la vérité est toute autre.

Dès mon repérage, je suis tombé sous le charme du lieu. Une fois la porte principale franchie, on découvre un endroit calme, avec des pavés, de la verdure et une architecture splendide. A l'intérieur on trouve des salles pleines de charme, des escaliers imposants et des salles inattendues comme celle avec le sol en pierre rose. Les grandes salles m'ont tout de suite donné envie de mettre en valeur leur volume et leur architecture atypique, les pièces plus petites donnent envie d'utiliser tout ce qui est à notre disposition : les portes, les fenêtres, les murs, le sol...tout est exploitable! j'aimerais rester des heures ! »

Pour aller plus loin et découvrir le travail de Yanis Ourabah :

www.yanisourabah.com

@dance_in_lyon